Résumé QCK2L
PODIUM : première enquête nationale sur les recommandations et les déterminants psychosociologiques et physiques de la pratique de l’activité physique en oncologie et en hématologie.
PODIUM : first national survey carried out to highlight social, psychological and physical recommendations as well as determiners of the practice of a physical activity in oncology and haematology.
K. BEERBLOCK (1), R. ETESSAMI (1), J-M. DESCOTES (1), G. GANEM (2), E. RAFFOUX (3), S. DAUCHY (4), F. SCOTTE (5), M. SAGHATCHIAN (4), L. VANLEMMENS (6), C-B. LEVACHé (1,8), S. RANQUE (1,7), T. BOUILLET (1,9)
1- Fédération Nationale CAMI Sport & Cancer, 2bis, rue du Château, 92200 Neuilly-sur-Seine FR
2- Clinique Victor Hugo, 18 rue Victor Hugo 72000 Le Mans FR
3- Hôpital Saint Louis, Service d’Hématologie, 1 avenue Claude Vellefaux 75010 Paris FR
4- Institut Gustave Roussy, DISSPO & Oncologie Médicale, 114 rue Edouard-Vaillant 94800 Villejuif FR
5- Hôpital Européen Georges Pompidou, Oncologie, 20 rue Leblanc 75015 Paris FR
6- Centre Oscar Lambret, Cancérologie Sénologique, 3 rue Frédéric Combemale 59000 Lille FR
7- Hôpital de la Timone, Centre d’évaluation et de traitement de la douleur, 264 rue Saint-Pierre 13385 Marseille FR
8- Polyclinique Francheville, 38 bd de Vésone 24004 Périgueux FR
9- Hôpital Avicenne, Oncologie Médicale, 125 route de Stalingrad 93000 Bobigny FR
Activité physique, Cancer
Physical activity, Cancer
Soins de support Oncologie
Introduction
Les bénéfices de l’activité physique (AP) sont prouvés en cancérologie et ont conduit à la considérer comme thérapie non médicamenteuse par les recommandations du Plan Cancer 3. PODIUM (06/2015-02/2016) est une enquête double dont la composante « patients » s’adresse aux personnes atteintes de cancer afin de situer la place de l’AP dans la prise en charge de leur maladie et d'identifier les freins à la pratique d’une AP. L’objectif de la composante « soignants » de PODIUM, destinée aux acteurs médicaux et paramédicaux chargés du suivi des patients, est de déterminer comment l'incitation à la pratique de l’AP s'intègre dans l’offre de soin.

Méthodes
Le questionnaire adressé aux patients compte 49 questions, celui adressé aux soignants 26, les questions étant à choix unique, multiples ou ouvertes, proposés sur papier et sur sportetcancer.com. L'information a été diffusée dans les structures de soin (publiques, privées ou CLCC) à l'aide de flyers, d'affiches et du réseau d'Attachés Scientifiques de notre partenaire institutionnel AMGEN. Les tests Chi2, Ttest et Wilcoxon ont servi à analyser les variables qualitatives et quantitatives.
Quatre groupes de patients sont définis et comparés entre eux, selon la pratique de l’AP ou non avant/après le diagnostic : AP+/+ (57 %), AP+/- (13 %), AP -/- (13 %) et AP-/+ (17 %). Les soignants sont répartis en 2 groupes  : ceux qui recommandent l’AP à plus de la moitié des patients (G1=50 %) et ceux qui ne la recommandent pas ou peu (moins d’un patient sur 2) (G2=50 %).

Résultats
1554 patients, âge médian 51 ans (19-77), 62 % cancer du sein, 28 % autres tumeurs solides, 10 % pathologies hématologiques; 80 % des patients non métastatiques.
Parmi les AP+/- au moment de l'enquête, 57 % sont en cours de chimiothérapie et 20% sous traitement anti-hormonal. Parmi les AP-/+, 44% sont sous traitement anti-hormonal (p<0.0001).
Les patients AP+/+ et AP -/+ se plaignent moins de fatigue, de troubles digestifs et cardio-respiratoires (p<0.0001). Leurs attentes (amélioration de la qualité de vie QdV, augmentation des chances de guérison, maintien de la vie sociale) sont supérieures comparées à celles des AP-/- et AP +/- (p<0.0001). Les freins à la pratique des patients AP -/- et AP +/- sont la fatigue, le coût et le manque d'intérêt pour le sport (p<0.001). Les modalités d’AP sont hétérogènes, les patients AP-/+ privilégiant la pratique collective encadrée par des éducateurs spécialisés. Les patientes atteintes d’un cancer de sein font l’objet d’une analyse ancillaire dont les résultats seront présentés à l’occasion du congrès.

894 soignants, âge médian 44 ans (24-75), 24 % en Ile-de-France, 41 % oncologues. 98% des soignants connaissent les bénéfices de l’AP sur l’amélioration de la QdV, la baisse de la fatigue et des douleurs et le maintien de la vie sociale. La méconnaissance des recommandations (50% des soignants) n'empêche pas l'incitation à la pratique. Les obstacles majeurs pour intégrer l’AP dans la prise en charge globale du patient sont les consultations trop chargées et la priorité aux traitements.

Conclusion
Les patients AP+/+ et AP-/+ confirment les bénéfices de l’AP sur la fatigue. Les patients AP-/- et AP+/- doivent être sensibilisés à l’AP et les soignants, aux bénéfices scientifiquement prouvés de l'AP chez tous les patients, en traitement comme en rémission. Tous (patients et soignants) sont favorables à la prise de charge de l’AP (T2A, assurance maladie, mutuelles).
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